Le développement personnel n'est pas une performance

Le développement personnel n'est pas une performance

Tu as entendu ou lu ça toi aussi que pour commencer sa journée du bon pied, il faudrait se lever à cinq heures du matin, méditer pendant vingt minutes, écrire trois pages dans son journal, pratiquer quelques exercices de yoga, prendre un petit-déjeuner sain et équilibré et, pourquoi pas, lire une dizaine de pages d'un livre inspirant. Tout cela avant même de commencer à travailler !

Je caricature un peu, bien sûr. Mais pas tant que ça, finalement.

Depuis quelques années, les conseils pour améliorer notre quotidien, cultiver notre bien-être et devenir une meilleure version de nous-mêmes se multiplient. Les réseaux sociaux regorgent de routines matinales, de méthodes de développement personnel et de témoignages de transformations spectaculaires.

Et parfois, en découvrant toutes ces possibilités, une drôle d'impression peut s'installer : celle de ne jamais en faire assez.

Alors je me pose une question : à quel moment les outils censés nous aider à nous sentir mieux deviennent-ils de nouvelles obligations ?

Les outils ne sont pas le problème

Attends, laisse-moi te préciser d’abord quelque chose d’essentiel : je n'ai absolument rien contre les routines, la méditation, le journaling ou toutes ces pratiques qui nous sont proposées pour avancer dans notre cheminement personnel, Bien au contraire puisque je les pratique moi-même !

J'ai commencé à m'intéresser sérieusement au développement personnel en 2018. Depuis, la méditation et l'écriture m'ont accompagnée à différentes périodes de ma vie, avec plus ou moins de régularité.

Dans les premiers chapitres de RésilienceS, un manuscrit que je suis actuellement en train d'écrire, je raconte notamment comment un programme de coaching m'a amenée à repenser mes routines du matin et du soir. J’avais décidé de suivre les propositions du programme : méditer et écrire dans mon journal avant de consulter mon téléphone le matin, laisser les écrans de côté le soir, prendre le temps de revenir sur ma journée, exprimer ma gratitude avant de m'endormir.

J'ai joué le jeu. Et j'en ai ressenti de véritables bénéfices. Je me souviens notamment de mon étonnement lorsque j'ai recommencé à dormir des nuits entières, après une période où les insomnies occupaient une place importante dans mes nuits.

Ces nouvelles habitudes m'avaient fait du bien. Je n'allais certainement pas prétendre le contraire !

Mais depuis l'écriture de ce passage de RésilienceS, les choses ont évolué.

J'ai progressivement abandonné ces routines telles qu'elles m'avaient été proposées. Non pas parce qu'elles étaient mauvaises, ni parce qu'elles avaient cessé d'avoir de la valeur, mais parce que j'ai fini par trouver une autre manière d'organiser mes journées et ces moments de retour vers moi, j’ai trouvé un autre rythme. Une manière qui me correspond davantage aujourd'hui.

Cela me fait penser à une recette de gâteau. Quand on découvre une recette, on commence généralement par suivre les indications. On respecte les ingrédients, les quantités, le temps de cuisson. On goûte le résultat. Et puis, la fois suivante, on décide peut-être de mettre un peu moins de sucre, davantage de vanille (oh ouiiiii, davantage de vanille c’est sûr 😋 !) ou de remplacer un ingrédient par un autre. Petit à petit, la recette devient la nôtre.

Pourquoi n'en serait-il pas de même avec les méthodes de développement personnel ? On peut les découvrir, les essayer, en apprécier certains aspects, en laisser d'autres de côté. On peut aussi changer d'avis, revenir à une ancienne habitude ou en inventer une nouvelle. Une méthode n'est pas un contrat que l'on signe pour la vie.

 

À quel moment le chemin devient-il une course ?

Ce qui m'interpelle, ce n'est donc pas l'existence de toutes ces pratiques. C'est la manière dont elles sont parfois présentées, comme si elles constituaient les ingrédients indispensables d'une vie réussie.

À force de voir défiler sur nos écrans comme dans la vraie vie des personnes qui méditent quotidiennement, tiennent un journal de gratitude, pratiquent le yoga, mangent sainement et semblent toujours parfaitement alignées avec elles-mêmes, on pourrait finir par croire qu'il existe une bonne façon de prendre soin de soi.

Et que si nous n'y parvenons pas, c'est que nous manquons de volonté, de discipline ou de motivation. Je trouve cela assez paradoxal.

Nous nous tournons souvent vers le développement personnel pour apprendre à mieux nous connaître, à nous respecter davantage, à écouter nos besoins. Et voilà que nous pourrions nous retrouver à comparer notre cheminement à celui des autres, à évaluer nos progrès, à nous reprocher de ne pas pratiquer suffisamment. Comme si notre vie intérieure devait, elle aussi, répondre à des objectifs de productivité.

Je crois pourtant qu'il faut distinguer deux choses : la discipline que l'on choisit librement parce qu'elle nous apporte quelque chose, et l’injonction que l’on s'impose parce qu'on pense qu'on devrait faire ainsi.

De l'extérieur, elles peuvent se ressembler énormément. Deux personnes peuvent méditer chaque matin. L'une attend ce moment avec plaisir, parce qu'il lui permet de commencer sa journée dans de bonnes dispositions. L'autre se sent coupable dès qu'elle manque une séance.

Le geste est identique. Ce qu'elles vivent intérieurement ne l'est pas.

Et puis, nos besoins ne sont pas figés. Il y a des périodes où nous avons envie de structure, où certaines habitudes nous rassurent et nous soutiennent. D'autres où nous avons besoin de davantage de souplesse, de repos ou de spontanéité.

Je ne vois pas pourquoi une méthode qui nous a aidés à un moment donné devrait nécessairement nous accompagner de la même façon toute notre vie.

 

Ces petits pas qui ne se voient pas

Il y a aussi quelque chose qui me touche particulièrement dans cette réflexion : tous ces petits pas que nous faisons et qui ne ressemblent en rien aux grandes transformations que l'on nous montre parfois.

Il y a quelque temps, j'ai publié un réel sur ce sujet :

... Pas forcément quoi ?

Pas forcément méditer chaque matin. Pas forcément pratiquer le yoga, tenir un journal ou afficher un sourire permanent.

Parfois, c'est simplement réussir à répondre à ce message que l'on repousse depuis plusieurs jours. Ce message qui nous embarrasse, qui nous inquiète, ou pour lequel nous ne trouvons pas les mots. Pour quelqu'un d'autre, y répondre ne représente peut-être rien de particulier. Mais pour nous, à cet instant précis, cela peut demander un véritable effort.

Parfois, c'est parvenir à dire non. Deux petites lettres, tellement simples à prononcer en apparence. Et pourtant, lorsqu'on a longtemps eu peur de décevoir, de contrarier ou de ne pas être aimé, elles peuvent représenter un pas immense.

Parfois encore, c'est reconnaître que l'on ne va pas bien. Ne pas chercher immédiatement à positiver, à relativiser ou à trouver la leçon cachée derrière chaque difficulté. Accepter simplement que certaines journées soient plus lourdes que d'autres et que nous n'ayons pas toujours la force de tout surmonter avec le sourire.

Et parfois, c'est s'autoriser à souffler. Sans chercher à rentabiliser ce moment de repos. Sans transformer cette pause en une occasion supplémentaire de travailler sur soi.

Je ne dis pas que ces gestes sont faciles. Ni même qu'ils représentent nécessairement un progrès pour tout le monde. Mais je trouve important de leur laisser une place dans notre façon d'envisager le développement personnel.

Parce qu'ils ne sont pas forcément visibles. Parce qu'ils ne se mesurent pas. Et parce qu'ils peuvent pourtant changer quelque chose de profond dans notre manière de nous considérer.

Et si ma journée parfaite était simplement une journée qui me ressemble ?

Cette réflexion me ramène à un carrousel que j'avais publié autour d'une question toute simple :

Lorsque j'y ai réfléchi, je n'ai pas imaginé une journée pendant laquelle j'aurais accompli une multitude de choses, coché toutes les cases de ma liste de tâches ou respecté une routine irréprochable.

J'ai pensé à ce qui me fait profondément plaisir.

Un moment avec mon cheval, dans la nature. Du temps pour créer. Et une parenthèse d'introspection, pour me retrouver avec moi-même.

Trois choses qui me ressemblent, qui occupent une place importante dans ma vie, et qui n'ont pas besoin de répondre à une quelconque définition de la réussite.

Cela ne signifie pas que toutes mes journées devraient leur être consacrées. Ni même que ma journée parfaite serait toujours identique.

Peut-être que demain, elle aurait un tout autre visage, et c'est très bien ainsi.

Je crois que nous oublions parfois de nous demander ce qui nous fait réellement du bien, à nous, tant nous sommes occupés à découvrir ce qui semble fonctionner pour les autres. Pourtant, ce qui nourrit l'un peut laisser l'autre indifférent. Ce qui nous émerveille aujourd'hui ne sera peut-être plus aussi essentiel dans quelques années.

Nos envies changent. Nos besoins évoluent. Nous aussi.

 

Un chemin à soi, sans ligne d'arrivée

Avec le temps, je me rends compte que le développement personnel ressemble bien davantage à un chemin qu'à une destination.

Cette idée du chemin et de la destination me rappelle un exercice d'introspection que j'ai réalisé il y a quelque temps. En explorant mes croyances autour de l'argent, j'ai découvert que ce que je cherchais profondément était ailleurs : dans la liberté, et dans la possibilité de trouver ma juste place.

Pour mettre en forme visuellement ce qui s'était révélé à moi dans cet exercice, pour l'ancrer dans mon vécu et pour en garder une trace, j'ai choisi d'en faire une affiche, avec l'aide de ChatGPT :

Cette affiche traduit exactement ce que j'avais ressenti et reçu à ce moment-là. Ce n'était pas simplement une jolie représentation : c'était l'expression profonde, presque viscérale, de ce que je portais au fond de mes tripes.

Lors d'une constellation familiale avec des chevaux, j'ai évoqué cette phrase qui s'était imposée à moi lors de cet exercice :

« La liberté est le chemin. Ma place est la destination »

La personne qui animait la séance m'a proposé de l'inverser. Pour elle, la liberté était ce que je pouvais trouver au bout du chemin en revendiquant ma place sur le chemin.

Mais ce n'est pas ainsi que je le ressentais. Et en relisant cette affiche, j'en suis plus convaincue encore aujourd'hui. La liberté n'est pas ma destination. C'est elle qui m'a permis d'avancer, de reconnaître mon mérite, de développer mes compétences, de retrouver ma passion et de gagner en autonomie émotionnelle. C'est en choisissant la liberté que j'ai commencé à trouver ma place.

Je ne sais pas s'il existe une meilleure version de moi-même qui m'attendrait quelque part, au bout d'un nombre suffisant de méditations, de lectures ou d'exercices d'introspection.

Et, finalement, je ne suis pas certaine d'avoir envie de la chercher.

J'aime découvrir de nouvelles pratiques, expérimenter, comprendre ce qui se passe en moi. J'aime aussi pouvoir changer d'avis, modifier mes habitudes ou reconnaître qu'une méthode ne me correspond plus.

Il n'y a pas d'examen à réussir, pas de diplôme à obtenir, pas de ligne d'arrivée à franchir.

Seulement une vie à traverser, des expériences à faire et, peut-être, une connaissance de moi qui s'affine au fil du temps.

 

Et toi, dans ton propre cheminement, t'arrive-t-il de ressentir cette pression de devoir toujours faire mieux, toujours avancer ? Ou as-tu découvert que certains de tes plus grands pas étaient justement ceux qui ne se voyaient pas ?

Si tu en as envie, raconte-moi ton expérience en commentaire. J'aimerais beaucoup découvrir comment tu vis, toi aussi, ce chemin vers toi-même.

Et si nous faisons un bout de chemin ensemble ?

Si tu ressens le besoin d'être accompagné(e) dans une période de changement, de faire le point sur ta vie ou d'avancer vers un projet qui te tient à cœur, je te propose un rendez-vous découverte gratuit et informel de 45 mn, sans aucun engagement.

Tu pourras me parler de toi, de tes envies, de tes rêves et de la direction que tu aimerais donner à ta vie. Nous pourrons ainsi explorer ensemble ce que je pourrais t'apporter dans ton cheminement, et quelle place mes chevaux pourraient éventuellement y prendre à mes côtés.

Si cela t'intéresse, clique simplement ici pour réserver ton rendez-vous.

Pour poursuivre ce cheminement…

Cette question de notre juste place, de l'authenticité et du regard que nous portons sur nous-mêmes, je l'ai également explorée à travers une expérience particulière vécue avec mes chevaux.

Je t'invite à la découvrir dans mon article :

De la sagesse et de la justesse des chevaux

où je raconte comment ils m'ont amenée à réfléchir à la confiance en soi et à ce fameux syndrome de l'imposteur.

 

Mes chevaux et moi te souhaitons une très belle journée et te disons à tout bientôt sur le chemin ! 🌞🐎

Tania  

Mes derniers articles

Qui je suis

« Passeuse de chemins, j’aide chacun à écouter son intuition, à vivre en authenticité et à

avancer en gratitude, guidé par la nature et porté par le cheval, compagnon de route »

Auteure, médiatrice équine et accompagnatrice de tourisme équestre, je t'invite à découvrir

mon univers.